ATGM : Une prévention défaillante ?
Une série d’accidents mortels attire de manière dramatique le regard sur les préventions des accidents grave et mortels en France. Des exemples gravissimes hélas confirmés par un rapport de L’Assurance maladie qui faisait état d’une hausse des accidents du travail mortels en France en 2024, avec 764 décès recensés. Le niveau le plus élevé depuis 2018, touchant en premier lieu des secteurs tels que les transports, le BTP et l’énergie. Au total, le bilan des décès liés au travail atteint même 1 297 morts en 2024 si l’on inclut les maladies professionnelles et les accidents de trajet.
Limites des politiques de prévention
Ces mauvais résultats soulignent les limites des politiques de prévention « à la française ». Les malaises représentent près de 60 % des accidents mortels, et les actions engagées semblent inadaptées. Par ailleurs, le document d’évaluation des risques (Duerp), pourtant obligatoire, reste souvent formel. Des risques bien identifiés y sont parfois sous-évalués. En 2023, seules 5 % des entreprises l’avaient transmis aux services de santé au travail.
Le dialogue interne apparaît également insuffisant. La disparition des CHSCT, remplacés par les CSE, a affaibli la prise en compte des risques. Sur le terrain, le manque de moyens et l’organisation du travail favorisent des pratiques improvisées, augmentant mécaniquement le risque d’accident.
Alors, la France serait-elle le mauvais élève de l’Europe en matière d’accidents du travail graves et mortels (ATGM) ? Selon Eurogip, la France apparaît en tête des décès au travail en Europe, mais ce classement est biaisé. Elle inclut les malaises mortels, contrairement à d’autres pays. Sans eux, le nombre de décès serait presque divisé par deux et la France (811 décès en 2023) se situerait dans la moyenne européenne.
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